L’ASTEETunisie publie la Revue Journal International  Sciences et  Techniques de l’Eau et de l’Environnement (JISTEE), téléchargeables gratuitement et distribués lors de ses congrès annuels.

International Journal Water Science and Environment Technologies

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Volume (V) : Eau-Climat’2020 Water-Climate’2020

Numéro 1 – Septembre 2020 : Issue 1 – September 2020

L’agriculture n’est pas possible sans eau. Les sécheresses et les canicules affectent la vie biologique des sols, la biodiversité et toutes les fonctions liées. Dans les pays confrontés au stress hydrique, l’irrigation remonte ainsi à l’histoire la plus ancienne1. Il en allait de la sécurisation des systèmes alimentaires et du progrès humain. L’épanouissement de civilisations brillantes – mésopotamienne et égyptienne, inca etaztèque, méditerranéennes et oasiennes,… – y trouve son origine.

L’eau, élément essentiel à la vie et au développement humain, est une ressource critique dans la région méditerranéenne.  D`es le début des années 70, au moment de l’émergence des questions d’environnement comme élément important de l’agenda international, la Méditerranée apparaissait naturellement comme une zone particulièrement fragile à la fois en raison de la forte pollution de la Méditerranée et des contraintes d’approvisionnement en eau douce. Aujourd’hui la région méditerranéenne ne dispose que de 3% des ressources en eau mondiales, alors qu’elle représente 7% de la population mondiale, et on y trouve 60% de la population mondiale dite pauvre en eau.

Le changement climatique impacte le cycle de l’eau et l’agriculture. Les cinq grands risques identifiés par le dernier rapport du GIEC sont relatifs à l’eau, à l’agriculture et aux moyens de subsistance. Le risque est mondial, régional (Afrique, Méditerranée, Asie du Sud…), national et local. La sécurité alimentaire sera affectée sous ses quatre aspects (accès, stabilité, disponibilité, qualité) tout au long du siècle.

Face au constat d’une vulnérabilité généralisée de nos territoires en proie au manque d’eau, aux inondations et autres aléas climatiques, la question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais où, comment et quelles priorités se donner pour investir. Ainsi, les enjeux climatiques et alimentaires invitent à réinventer les liens entre l’eau, l’agriculture et la société, à anticiper les effets du dérèglement et à promouvoir une autre culture de l’eau, intégrant le continuum eau bleue/eau verte et réunissant les solutions au lieu de les opposer.

La COVID-19 a tiré un signal d’alarme sur l’importance d’assurer l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène pour tous afin de protéger la santé et le bien-être humain. L’utilisation de l’eau en tant que ressource essentielle pour combattre la COVID-19 à travers les gestes d’hygiène (le lavage des mains avec du savon et de l’eau) est maintenant mondialement perçue comme étant le meilleur moyen de prévention contre la transmission de la COVID-19. Ce qui semble être une simple recommandation de l’OMS, fondée sur des principes d’hygiène de base, devient beaucoup plus compliqué dans la région MENA qui est la plus touchée par la pénurie hydrique frappante surtout que plus de 60 % de la population de cette région vit dans des zones subissant un stress hydrique élevé ou très élevé. Pour la région MENA, il convient de mentionner que plus de 362 millions de personnes vivent avec moins de 1 000 mètres cubes d’eau douce par personne et par an, frôlant les 500 m3/an/hab, et 18 des 22 pays arabes sont considérés comme rares en eau.

Face au « tic-tac de l’horloge climatique », la voie était étroite pour mettre en œuvre des mesures efficaces de lutte contre le changement climatique sans creuser les inégalités sociales. L’horloge climatique a subi un choc inattendu, celui du Covid-19 suivi d’un confinement de grande ampleur des populations dans leur pays, avec des impacts majeurs sur la mobilité, la production, la vie sociale et, par voie de conséquence, sur les émissions de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique.

Noureddine Gaaloul
Professeur de l’Enseignement Supérieur Agricole (INRGREF)
Rédacteur en Chef de la Revue « Journal International Sciences et Techniques de l’Eau et de l’Environnement » (www.jistee.org)                                  Président de l’Association Scientifique & Technique pour l’Eau et l’Environnement en Tunisie (ASTEETunisie)